« C'est un privile`ge d'aimer... la Haute Bretagne! »
Saint-Malo ou la naissance. Plancoët et la nourrice. Combourg de l'adolescence. Rennes du combat des gentilhommes... La Haute Bretagne est le creuset des « Mémoires d'outre-tombe » du plus grand écrivain français, François René de Chateaubriand qui, dans les premières pages de ses souvenirs écrivait tout de go : « C'est dans les bois de Combourg que je suis devenu ce que je suis... ».
Le jeune chevalier né le 4 septembre 1768 à Saint-Malo, un jour de violente tempête, ignorait que son nom deviendrait un jour celui d'un « phare » de la littérature occidentale. C'est tout l'honneur de la Bretagne de l'avoir fait ainsi. Celtique et romantique à souhait.
Pour ce premier numéro de « Haute Bretagne Privilège » diffusé à Rennes, à Saint-Malo et à Dinard, nous ne pouvions rêver meilleur parrain. Et viatique plus merveilleux. D'autant qu'il apparaît chaque jour plus nécessaire de relire l'auteur du « Génie du christianisme » qui a vu plus loin que les autres, témoin visionnaire de deux mondes entremêlés : l'avant et l'après-Révolution, l'ancien et le nouveau régime...
« Nous lui devons presque tout » écrivait Julien Gracq. « Être Chateaubriand ou rien! » disait, avant lui, Victor Hugo... Notre magazine qui est devenu le vôtre, cet été, affiche donc la couleur. Celle d'une Bretagne décomplexée qui a enterré depuis belle lurette sa pauvre Bécassine, dans la capitale, en terre jacobine. L'itinéraire privilégié que nous vous proposons dans ce magazine en forme de kaléidoscope breton emprunte les chemins conjugués de la poésie, de la gastronomie, de l'architecture et de l'art de vivre. Afin de vous donner l'envie d'y demeurer, d'y venir et revenir ou d'y vivre... En sachant découvrir cette Haute Bretagne qui possède une forte personnalité mêlée d'ajoncs et d'embruns si délicieusement parfumés.
Et si, curiosité suprême, vos pas vous menaient cet été de Combourg à Saint-Malo, n'hésitez pas une seconde. Gravissez le Grand Bé, à marée basse, pour y découvrir une baie immense ouvrant sur le rêve. Et l'absolu.
Chateaubriand y demeure à tout jamais. Chez lui, devant Saint-Malo. « Pour n'y entendre que la mer et le vent ». Un peu d'altitude et de fraîcheur bretonnes dans une époque qui en manque tristement...





